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CAN, l’Aventure des travaux sur cordes (paru en juin 1917)… à suivre

Par Olivier Boudot

L’histoire de CAN (anciennement Corde à Noeuds) est singulière à plus d’un titre. En 1976, Michel Richard, passionné d’escalade, diplômé de l’ESSEC et titulaire d’un titre d’urbanisme des Ponts-et-Chaussées décide de voler de ses propres ailes. Il rejoint Jean-Jacques Lebouc, un plombier rencontré lors d’un stage d’instructeur de montagne.

J.J. Lebouc a réhabilité un métier très ancien, celui de plombier à la corde à nœuds, lequel consiste à nettoyer les descentes de gouttières en se servant d’une corde. Entre les toits du plais de justice de Créteil ou le coq du clocher d’une église, Michel se sent rapidement à l’étroit. Amoureux de grands espaces, il décide d’utiliser la corde pour réaliser des travaux en pleine nature, dans les endroits les plus inaccessibles. De là la fondation d’une entreprise, l’invention d’un métier, la création d’une filière : par son énergie infatigable, son tempérament conjuguant toujours passion et plaisir, Michel va construire un univers dans lequel il pourra évoluer sans se renier…

L'aventure des Travaux sur cordes

L'aventure des Travaux sur cordes

Radiola suite -Extrait de l’histoire réalisée pour Brand Access

Par Olivier Boudot

Le début de l’aventure avec Philips et les guerres commerciales

Philips est une société néerlandaise constituée en 1891 à Eindhoven pour fabriquer et vendre des lampes d’éclairage. Au début des années vingt son domaine s’étend rapidement de l’éclairage à la radio (tubes radios, appareils d’émissions et de réception). Les premiers récepteurs radio grand public de Philips sont commercialisés à partir de 1928. En 1931, La Radiotechnique et Philips établissent des relations suivies qui aboutissent à la conclusion des premiers accords financiers et techniques entre les deux compagnies. Cette évolution du paysage répond à une volonté stratégique de la CSF : en concentrant ses efforts sur un laboratoire chargé d’étudier les techniques d’émission moderne implanté à Levallois (dans les locaux de la SF.R.), Emile Girardeau laisse sciemment à Philips le marché de la radio-amateur[1]. Dès 1932, Philips apporte à La Radiotechnique sa branche T.S.F pour les applications et territoires répondant à l’objet social de la S.F.R. Le capital de la RadioTechnique ne varie pas – il est de 35 millions de francs – la rémunération de Philips s’effectuant en actions : la société néerlandaise possède alors 50% de La Radiotechnique, à part égale avec la CSF.

Ce début des années 1930 est aussi marqué par une guerre commerciale mettant en prise les grandes firmes aux constructeurs indépendants. Le souci des premières est d’imposer aux seconds des règles d’un jeu dont elles détiennent les cartes maîtresses, en l’occurrence les brevets[2]. Réunis en 1933 dans le consortium des Brevets Français Radios (B.F.R) Thomson, la C.S.F et la filiale française de Philips exigent des royalties pour l’utilisation de leurs brevets. Leurs prétentions premières - cent francs par poste - sont de nature condamner tous les constructeurs indépendants, réunis pour l’occasion dans un syndicat, le (S. C. R. E. F.). En 1934, une transaction est signée qui convient à tout le monde. De vingt francs par poste pendant un an et 25 F les deux suivantes, elle porte sur 2000 postes[3].


[1] Girardeau confie le laboratoire à Maurice Ponte, un brillantissime universitaire recruté en 1929 à La Radiotechnique pour s’y occuper des lampes d’émission. La pompe vite automatique qu’il conçoit dans la foulée est adoptée par l’industrie britannique ;Aux côtés de Ponte et chargé des petites lampes de récepteurs radio, le non moins brillant Yves Rocard.

[2] Antérieurement aux années trente, les constructeurs américains de lampes, oscilloscopes, etc. ont bénéficié de droit de licences beaucoup moins élevés que les Français pour prendre des positions dominantes.

[3] En outre, les indépendants devront acheter leur lampes auprès de Mazda, Fotos, Visseaux, Philips, Radiotechnique « ou à n’importe quel importateur disposant régulièrement d’un contingent d’importation de lampes de n’importe quelle marque étrangère ».

Radiola suite….

Par Olivier Boudot

En 1925, la station Radio Paris se substitue à Radiola. Le nom de la marque devient associé aux récepteurs qui continuent d’être fabriqués dans l’usine de Levallois avant d’être distribués dans toute la France via une soixantaine d’agents régionaux. C’est le début d’une stratégie de maillage du territoire consubstantielle au développement de Radiola.

Parallèlement, la SFR s’intéresse aux émetteurs et à leur puissance, véritable défi technologique pour ses ingénieurs. La marque a ses slogans “On règle un Radiola comme on met une montre à l’heure”, ses appareils vedettes, le SFER 20 proposé en 1925. Le marché se développe avec des innovations techniques multiples.

Entretemps, la SFR qui a repris la Radiotechnique, société lyonnaise fondée en 1919 pour fabriquer des lampes pour les postes émetteurs et récepteurs, décide de confier à cette filiale le marché des récepteurs. En 1929, Radiola est un département commercial de La Radiotechnique. Dans deux ans, La Radiotechnique passera des accords avec un nouvel arrivant sur le marché français, la société Philips.

Affiche réalisée en 1929 par Max Ponty

Affiche réalisée en 1929 par Max Ponty


Radiola - histoire d’une marque

Par Olivier Boudot

Radiola marque les débuts de l’aventure de la radio en France. Émile Girardeau crée en 1910 la Société Française de Radiophonie (SFR), laquelle fabrique des stations émettrices et réceptrices, réalisant à titre d’exemple la première liaison TSF en Afrique.
Après guerre, cherchant des débouchés pour ses matériels, Girardeau, qui a fondé avec d’autres associés la C.S.F (Compagnie Générale de télégraphie sans fil) cherche à implanter un modèle qu’il a découvert aux USA : des émissions culturelles financées par des annonceurs privées.
Il lance la deuxième station émettrice sur le sol français, après celle de la Tour Eiffel, mais avec des moyens techniques plus puissants. C’est la naissance de Radiola, rendue célèbre grâce à son animateur vedette qui fait chavirer les cœurs, Michel Laporte, alias Radiolo, un ancien acteur de l’Odéon. G
râce à des bricoleurs talentueux capables de construire leurs propres récepteurs on se rassemble dans différentes villes de France pour écouter les concerts de Radiola.

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Reconstitution de la station Radiola en 1922 - Musée de Radio France

De 1923 à 1925, la station Radiola est exploitée par la Compagnie française de radiophonie, laquelle s’est substituée à la CSF. Le premier reportage sportif jamais radiodiffusé est transmis sur les ondes Radiola : il s’agit du combat mythique  entre Charpentier et Nilles. De même la station est-elle la première à couvrir des jeux olympiques, en l’occurrence ceux d’hiver qui se déroulent à Chamonix en 1924…

Histoire de marques

Par Olivier Boudot

L'étonnant Popsy de Schneider

En 2015, j’ai été contacté par Julien Clairet - société Brand-Access - qui est un antiquaire de marques. C’est un métier méconnu et étonnant. Il consiste à collectionner des marques inutilisées ou tombées en déshérence. Julien Clairet les reprend pour ensuite les redéployer certaines d’entre elles, seul ou le plus souvent en partenariat ou encore avec des licenciés. Heureux possesseur de Jacquemaire, Julien cherchait des informations sur cette marque créée par le pharmacien caladois inventeur de la Blédine. De fil en aiguille, l’antiquaire m’a sollicité pour lui réaliser des petites histoires et lui trouver des images anciennes pour certaines des marques qu’il relance. La finalité est plurielle. L’histoire permet de s’approprier la marque et de l’investir de sens. C’est un actif immatériel dont sa communication se sert ensuite pour valoriser les nouveaux produits. En outre, Julien Clairet est un passionné et il est heureux d’apprendre et de découvrir toujours plus de choses. Cette collaboration qui a porté sur des marques anglaises et françaises a démarré avec Schneider, société montée par les deux frères Sacha et Jacques Schneider vers 1930…

D’Afe à Safe, naissance d’un champion mondial… à suivre

Par Olivier Boudot

En janvier 2015, la publication d’Afe à Safe naissance d’un champion mondial clôt une enquête de plus de deux ans dans l’univers d’un groupe de fonderies d’acier moulé et de plasturgie.

Sur un plan de stratégie d’entreprise, à l’instar par exemple de Poclain Hydraulics, l’aventure de Safe est une illustration exemplaire de la possibilité de réussir lorsqu’un certain nombre de conditions sont rassemblées, la première étant l’expression d’une vision sur le long terme portée par une équipe stable : en l’occurrence, deux présidents se sont succédés en cinquante ans à la tête de ce groupe. Nous reviendrons dans d’autres articles sur les facteurs-clefs du succès, tels qu’ils sont apparus au cours de ce travail.

Par ailleurs la construction de ce livre nous a amenés à interroger des fondeurs dans plusieurs pays - France, République Tchèque, Allemagne, Angleterre, Turquie, Mexique… le plus souvent en compagnie du photographe Michel Brissaud. Cette plongée dans des fonderies parfois d’origine très ancienne, d’autres fois hypermodernes et toutes en “transformation” a été une plongée passionnante dans des cultures, des histoires humaines multiples. Pour cette ETI, la question de la transposition d’un management à la française ou non était d’ailleurs un autre défi. Il est très différent d’opérer en Chine - ce qui suppose de revoir tous les logiciels  de management - ou en Turquie ou en Angleterre, par exemple. C’est un autre apprentissage de la globalisation, à travers le prisme d’un projet de développement.

Photo Michel Brissaud

Fusion - Photo Michel Brissaud

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