A la Briqueterie !

Par Olivier Boudot

Cet été s’est révélé propice aux rencontres. Rencontres avec des agriculteurs, élus, artisans, entrepreneurs, mais également découvertes de paysages, de lieux chargés de mémoire, visites d’églises romanes, de sites industriels dans le cadre d’un projet dont je parlerai ultérieurement. La région dans laquelle je suis née et où je reviens régulièrement, la Bourgogne du Sud est riche de tous ces univers. Elle incite à la rêverie, parfois la mélancolie, puissante incitation, en ce qui me concerne, à l’action et à la mobilité. C’est ainsi que, non loin de Montceau-les-Mines, au lieu-dit les Touillards, j’ai découvert la Briqueterie de Ciry-le-Noble.

A dire vrai, je ne m’y rendais pas tout à fait par hasard. A l’issue de circonstances insolites, un ami photographe allait peut-être s’y installer pour quelque temps. Après avoir été à l’abandon, l’usine est devenue en 1995 propriété de l’Ecomusée de la communauté Urbaine Le Creusot-Montceau, qui y a initié un programme de réhabilitation, via un chantier de réinsertion. L’association a voulu faire de ce lieu, appelé depuis 2001, La Briqueterie, le témoin des nombreuses briqueteries et tuileries, autrefois en activité sur le bord du canal du Centre - une quarantaine au total. Quelques bâtiments de brique rouge, des rails fuyants dans l’herbe, une vieille locomotive, des wagonnets à bennes basculantes une haute cheminée et, toute proche, la présence de l’eau tranquille : en dépit de l’abandon qui s’en dégage, le lieu respire une impression de force que confirme la visite. Celle-ci est des plus instructives. La guide nous initie au processus de fabrication, depuis le stockage de la terre à la production de briques. Les ateliers sont équipés d’impressionnantes machines à vapeur, turbines, broyeurs, etc. A la grande époque de sa production, la première guerre mondiale, la briqueterie était équipée de 12 fours. Le plus vaste d’entre eux, le 11 ne peut être visité, sa réhabilitation n’étant pas achevée. Un coup d’œil à l’intérieur dévoile la vaste enceinte cylindrique dans laquelle on cuisait l’argile. La briqueterie des Touillards, produisait une brique très spéciale, noire, dite de fer, brevetée par son propriétaire Jean-Baptiste Baudot. A 87 ans, cet entrepreneur écrivit ses mémoires sur un cahier d’écolier. Tout en la contextualisant et en la mettant brillamment en perspective, l’historien et ethnologue Thierry Bonnot, chercheur au CNRS a transcrit cette narration, peu compréhensible de prime abord :  Jean-Baptiste Baudot avait quitté l’école à 10 ans, vers 1850 ; son orthographe est phonétique. Cela contribue-t-il à la saveur de ce texte, véritable machine à remonter le temps ? (A suivre…)

 

Image de la Briqueterie

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Un commentaire to “A la Briqueterie !”

  1. Diane

    Oui, c’est drôle. Je ne savais pas l’existence de ce blog ! J’aime bien cet article. Bientôt 6h du mat et préparatifs de départ, je n’ai pas le temps de lire autre choses aujourd’hui mais je suis contente de me dire que je reviendrai me promener par là. Etude comparative de briqueteries dans le monde : la tour ressemble un tout petit peu à celle de la briqueterie du Vallon Dore (photo à suivre)

    #26

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