Deuxième épisode de la naissance de FWF : le voyage de Jean-Paul Daval

Par Olivier Boudot

Lors de leur voyage effectué en juillet 1988, Jean-Paul Daval et Jean-Luc Weber sont reçus par tout le staff de l’entreprise américaine Holland Hitch. Aux côtés des responsables des approvisionnements, des achats et de la qualité, le futur vice-président Sam Martin, Tim Hemingway, le responsable de l’international et Richard Muzzy Jr., surnommé Dick Muzzy, le président. Les deux français exposent un plan au terme duquel les investissements qui seraient réalisés à Sainte-Suzanne garantiront l’excellente qualité des produits fournis à Holland Hitch. Assis à l’écart, Dick Muzzy écoute et ne dit rien. Le soir venu seulement, il prend la parole. « Appelez vos patrons pour connaître leur réaction ,» suggère-t-il. L’idée est de s’engager sur une durée de cinq ans. En France, Roland Fraysse donne son accord. Le lendemain les discussions se poursuivent. Comme la veille, Dick Muzzy est assis dans son fauteuil, et, comme la veille, il ne dit mot. Le soir tombant, il prend la parole : « à qui faut-il envoyer le contrat, » demande- t-il ? Interrogé plus tard sur son silence, Dick Muzzy répondra avec bonhomie : « Jean-Paul Daval et Jean-Luc Weber ne parlaient pas très bien américain. Les discussions étaient longues. Un peu laborieuses. J’attendais tranquillement qu’elles aboutissent.»  Leader mondial de la production de sellettes d’attelage en acier moulé, Holland Hitch ambitionne de conquérir l’Europe, en y installant une base locale d’assemblage.La volonté de spécialiser Sainte-Suzanne tombe on ne peut mieux, d’où l’accueil très favorable rencontré par les Français : en cas d’accord, Sainte-Suzanne, condamnée pourtant il y a peu, serait appelée à devenir le fournisseur de la future usine européenne d’Holland Hitch.

Peinture de Magali Bartheye, réalisée à Sainte-Suzanne

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