La vie sur le chantier de Graville

Par Olivier Boudot

A 7H20, le gardien sonnait la cloche à toutes volées. Cinq minutes plus tard, il faisait juste retentir le grelot. A 7h30, la sirène mugissait. Ils arrivaient alors. La plupart venaient à pied, nombre d’entre eux du village des Neiges. Vêtus de leur gris de travail, ils laissaient leur café-p’ti sou - ainsi nommait-on dans la région le petit calva d’accompagnement - et s’égayaient dans le chantier comme une volée d’étourneaux. A l’atelier ouest pour la chaudronnerie et la préfabrication ; à l’atelier est pour le découpage, le formage et le pliage des tôles et des profilés. [...] La mer bordait le chantier au sud. A droite en entrant, les bâtiments administratifs. La salle à tracer occupait la moitié du premier étage. [...] A 7 h30, les salariés rejoignaient leur poste de travail. Et ensuite ? Il y avait d’abord ceux qui arrivaient en retard. Un petit entretien avec Roger Mahé, le chef de travaux : “Tu n’es pas venu pour la messe, je n’ai pas besoin de toi pour les vêpres !“, s’emportait-il.

Au Havre sur les quais

Extrait de “la Grande Traversée des ACH, deux siècles d’industrie navale et d’aventures havraises.” Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises, Ed. Anabole.

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