Dessous d’une collection, l’inconnue des lendemains

Par Olivier Boudot

Souvent la question suivante m’est posée : comment trouvez-vous les histoires d’entreprises que vous racontez ? Les gens viennent-ils vers vous ou bien allez-vous les chercher ? Et si oui, comment ?  Pour tout dire, lorsque j’ai fondé Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises, j’ai acheté un listing d’entreprises et avec Arnaud de la Roulière, qui travaillait avec moi, sélectionné des PME de plus de 200 salariés et créées plus de 30 ans auparavant. Jour après jour nous téléphonions aux sociétés en question, et, plus d’une fois, il m’est arrivé de discuter telle ou telle fin d’après-midi avec le directeur ou le président de certaines d’entre elles. Au total, sur 1200 contactées, environ 700 entreprises avaient décrété être un jour susceptibles de faire écrire leur histoire. Puis, nous avons débuté le travail sur les chantiers navals du Havre et la prospection est tombée à l’eau, sans aucun résultat probant. 12 ans plus tard, à l’instar de milliers d’indépendants travaillant en réseau, je n’ai pas trouvé la formule permettant de concilier la réalisation de livres avec une veille commerciale permanente, d’où une activité qui demeure cyclique. Cela dit, j’ai décidé d’utiliser ces moments de rupture à mon « avantage » ; les temps morts fournissent l’occasion d’innover, d’investir des sujets nouveaux ou d’initier des projets de mon propre chef, à l’instar ces jours-ci d’Amora-Maille. Quant aux livres de la collection, leur genèse a été multiple. J’ai déjà raconté comment, en voulant narrer la saga de Daucy j’ai rencontré Pierre Bataille, d’où l’aventure de Poclain Hydraulics. Henri de Clermont-Tonnerre m’a confié l’histoire des Schiaffino parce qu’une amie lui avait parlé du livre sur les chantiers navals du Havre. Pour ce qui est de la transfusion sanguine, la direction de l’EFS, sur les recommandations d’une relation commune, a fait appel à Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises dans un contexte précis : récemment créé l’établissement français du sang, administration centrale, vivait une relation complexe avec les établissements de transfusion régionaux, auprès desquels il lui fallait « conquérir » sa légitimité. A suivre…

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2 commentaires to “Dessous d’une collection, l’inconnue des lendemains”

  1. Herve Kabla

    Intéressante genèse d’un projet. Que sont toutes ces entreprises devenues? Quelle proportion existe encore, combien ont disparu, fusionné ou transformé leur activité?

    #49
  2. Boudot

    Depuis notre création, nous avons réalisé une douzaine d’histoires d’entreprises, quelques livres ayant par ailleurs étant consacrés à des particuliers. Les ACH (chantiers navals du Havre) étaient déjà en redressement judiciaire lorsque j’ai décidé de comprendre comment ce fleuron de la construction navale avait pu en arriver là. Pour citer quelques autres cas, les fonderies du groupe AFE (la Mancelle de fonderie et FWF) ont toutes deux poursuivi leur évolution sur des segments très spécialisés qui étaient à l’origine de leur survie. M’Real (cartons et papiers) a derrière lui un très grand groupe finlandais. Le groupe Alpha intervient sur des services liés à la conversion du territoire et aux négociations sociales. L’EFS pour la transfusion sanguine est une établissement public administratif : au total, la plupart de ces entreprises ont su s’adapter, en trouvant leur équilibre sur des marchés internationaux. Le cas de Blédina est intéressant, l’acquisition du néerlandais Numico par Danone ayant bouleversé l’organisation et le positionnement des sociétés du groupe. De manière générale, ce qui est peut-être le plus surprenant est la rapidité des changements d’actionnariat ou de stratégie qui implique, au niveau des structures et des individus une hyper-réactivité. Nous le verrons aussi avec Amora-Maille.

    #50

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