Dessous d’une collection, suite

Par Olivier Boudot

La première fois que je me suis rendu à l’établissement français du sang, le siège se trouvait encore dans le quinzième arrondissement parisien, tout près de l’école militaire. Dans un vaste bâtiment surmonté de hautes coupoles intérieures, je rencontrai des dirigeants dont le questionnement était, me sembla-t-il, le suivant : récemment créé (en 2000), l’EFS, opérateur unique de la transfusion sanguine en France, réfléchissait à la manière de construire son identité, avec les (et face aux) responsables de la transfusion sanguine agissant sur le terrain. Les défis étaient multiples : d’un côté une administration centrale constituée à la suite du drame des années précédentes ; de l’autre, un monde meurtri, en proie au doute et, dans le même temps, possédant des savoir-faire très pointus, de réelles capacités et une remarquable humanité. D’un côté un univers dont l’histoire n’était pas encore écrite, de l’autre l’histoire de la transfusion sanguine, depuis ses débuts, avec parfois des pouvoirs locaux forts, de véritables baronnies. Or, il ne s’agit pas de cohabiter mais bien d’affirmer une existence commune, de créer les liens qui rassemblent tout le monde non seulement sous un même toit, mais unissent les uns et les autres pour faire de la transfusion sanguine en France, la « meilleure qui soit. » En ce sens, un livre sera l’un des éléments qui, grâce aux témoignages et à son ancrage historique contribuera à montrer que, semblables aux personnages de l’Odyssée, tous partagent un même destin, cimenté en l’occurrence par de profondes valeurs communes.

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