L’aventure de la transfusion sanguine (suite)

Par Olivier Boudot

Avec le docteur Huart, nous parcourons l’espace du don. Un petit bonjour à chacun. Un rapide coup d’œil professionnel jeté en passant sur ceux qui sont venus donner. Cela n’empêche évidemment pas la visite et le questionnaire obligatoirement remplis. Passage dans la salle du don ; bien installés dans leurs fauteuils, les donneurs disposent d’écrans de télévision individuels. « La qualité de l’accueil est l’un des défis quotidiens posés aux établissements, » nous explique le docteur, une fois attablés à la cafeteria, où d’aimables dames offrent aux donneurs leur collation post-don : cafés, viennoiseries, sandwiches, etc. Autrefois, c’était bien autre chose. Nous y reviedrons.La visite se poursuit. Ailleurs dans la ville : le bâtiment au sein duquel s’effectue la préparation des produits sanguins est particulièrement impressionnant. Ses immenses escaliers, ses corridors dallés de marbre noir témoignent de la splendeur d’une époque au cours de laquelle le centre de Lille, l’un des six habilités à fractionner le plasma pour préparer les produits stables, rivalisait avec des laboratoires du monde entier. Au siège de l’établissement, situé dans le vieux Lille, notre amphitryon poursuit l’explication du fonctionnement de son entreprise - car il s’agit d’une véritable entreprise. Entre les lignes, le spectre de l’éternelle blessure, celle du drame du sang contaminé. L’opprobre jeté sur toute une profession, les faux-semblants, trahisons multiples ont fracturé un monde complexe, tout à la fois vieillissant et innovant. Y pénétrer exige beaucoup d’humilité. Il ne me faut pas perdre non plus mon objectif, soit décrypter la logique qui a présidé à l’organisation mise en place pour en restituer le sens aux donneurs comme aux non donneurs. Dans le jardin, un gingko biloba agite paresseusement ses feuilles (à suivre…)

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