Les ressorts de l’écriture ; l’aventure de la transfusion sanguine (suite)

Par Olivier Boudot

« Ce ginkgo biloba est le dernier survivant d’un bombardement qui a eu lieu pendant la guerre au Japon, » me raconte mon hôte qui repart à grandes enjambées vers son bureau. Dans mon métier on est souvent conduit à s’interroger sur les traces ; à  capter dans le présent les échos du passé. Cet arbre, survivant héroïque, m’intrigue. Je m’approche et, comme saisi de superstition, me baisse pour en ramasser une feuille. La voix du Dr Huart m’extirpe de cet instant pour me héler vers un autre rivage. Nous discutons des noms, des témoins qu’il faudra interroger pour raconter l’aventure de la transfusion sanguine et du don du sang. Détenteurs d’une histoire particulière ces témoins ont aussi vocation à être les porte-parole des différentes facettes de la transfusion sanguine : écrire une histoire  exige en préalable de discerner les nombreuses portes par lesquelles il est possible d’entrer dans l’univers dont on se saisit. De ce premier choix dépendra la tonalité du livre, de la même manière que le choix des couleurs - en raison du désir d’intensité qui leur est associé - décide le plus souvent du tableau à venir. Telle est du moins, en substance, la réponse que me fait le peintre André Queffurus, lorsque je lui pose la question.

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