Ecrire une histoire d’entreprise : 1. investiguer

Par Olivier Boudot

Ecrire une histoire, quelle soit celle d’une entreprise ou une autre s’accompagne souvent à une plongée dans l’inconnu. Où et comment vais-je trouver ? Et que vais-je trouver ? A la fois historien, archiviste et enquêteur le travail du mémorialiste s’apparente à une quête, souvent passionnante. Des zones d’ombre apparaissent en cours de route et l’on comprend parfois que ce n’est pas tant la vérité qui importe – il y a souvent plusieurs facettes à une même histoire – que la rigueur, l’exigence avec laquelle on a cherché cette vérité. A titre d’illustration, lorsque je travaillais sur l’histoire des Schiaffino, cette grande famille d’armateurs ayant vécu en Algérie- j’avais à ma disposition des mètres cubes d’archives accumulées pendant près de cent cinquante ans par l’entreprise. Et, à chaque pas des questions d’autant plus lancinantes que l’ombre des guerres mondiales, et notamment de la seconde, suscitait de multiples interrogations. Il y avait alors cinq associés d’importance dans l’entreprise des Schiaffino : l’un était l’homme du comité des Forges, Henri de Peyrimhoff -, le deuxième, Louis de Maniquet – oeuvrait dans les phosphates. Gaston Boulogne, pour sa part, était un haut fonctionnaire, qui dans les années 1910 avait plaidé pour le développement d’une compagnie maritime implantée directement en Algérie. Le quatrième était le duc de Valençay. Enfin, Théodore Ansbacher -”l’ami Théo” - était un financier qui avait apporté le capital nécessaire au développement de la compagnie d’armement. Or, pendant la deuxième guerre mondiale, Théodore Ansbacher, malgré sa fortune et son âge, fut dénoncé et mourut en déportation. Et les actions revinrent à la société. Que s’était-il passé ? Qui était à l’origine de la dénonciation ?

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