CGV, Labruyère, transport, pétrole et mondialisation

Par Olivier Boudot

Lorsqu’Edmond Labruyère et Charles Eberlé partent en Roumanie chercher un wagon de pétrole pour alimenter les campagnes en 1909, l’essence est encore considérée comme un sous-produit de la distillation. Dans le nord de Sumatra par exemple, on la brûle pour s’en débarrasser ! Quelques grandes compagnies dominent le marché, au premier rang desquelles la Standard Oil qui maîtrise raffinage et transport pour dominer les producteurs. Mais en peu de temps, la Royal Dutch s’est pratiquement hissée à son niveau, tandis que le gouvernement anglais promeut l’Anglo-Persian Oil. De cette lutte, qui préfigure et façonne la géopolitique et amorce une guerre économique ravageuse et séculaire, les deux Bourguignons n’ont cure. Ils rejoignent leur terre natale et la cohorte des marchands de couleurs, épiciers et rares garagistes qui fournissent les fermes, à partir d’estagnons de fer blanc de 5 litres. Pourtant, l’Est de la France est un enjeu. L’Autriche inonde le marché de pétrole galicien sous la marque Fanto. Après guerre, la Standard créera Eco, etc. Une nouvelle page de l’histoire débutera. Peut-être la recroiserons-nous. Pour l’heure, revenons à la CGV, dont les transports à chevaux sont peu à peu remplacés par l’essence…

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