Traces, empreintes, histoires d’entreprises (1)

Par Olivier Boudot

Créée en 1848, la Compagnie générale des Voitures de chemin de fer (CGV) et subventionnée par les puissantes compagnies de l’Est et du Nord, la CGV assure l’acheminement des voyageurs et des marchandises jusqu’aux gares. Chevaux, voitures dont certaines passant à l’essence au tournant de la première guerre mondiale, bureaux et entrepôt : la CGV dispose d’un important matériel dont elle confie en 1930, la gestion à une autre société, France Transport Domicile. Absorbée par la filiale de transports routiers de la SNCF, la Sceta, FTD fusionne en 1979 avec une autre filiale de la Sceta, la STEL. C’est la naissance d’une nouvelle société France Locations. Celle-ci se développe, tant en province qu’en Ile-de-France et devient la quatrième société de location de véhicules industriels et commerciaux. Malheureusement pour elle, elle se heurte à Locamion, filiale de la Société générale et présente au conseil d’administration de la Sceta. Locamion absorbe France Locations en 1992 et avec une certaine forme d’ingénuité cruelle en efface les traces, affichant un souverain mépris pour ses cadres et ses réalisations. Las ! Locamion est-elle même conquise par son ennemi juré, Fraikin, qui l’absorbe en 1995. L’assemblée lyonnaise où le nouveau président de Fraikin vient porter la nouvelle aux directeurs de Locamion est plus qu’houleuse : “Vendus”, crient les cadres aux banquiers de la Société générale qui les ont cédés. “Non, les vendus c’est vous”, rétorque calmement l’un des financiers. Ainsi, comme une plante vivace étendant ses ramifications, la petite CGV entre dans les gènes de Fraikin, en devient l’un des segments d’ADN, la forme de son hélice elle-même déterminée par les fusions successives avec d’autres entreprises. En 2014, les récits de salariés de Fraikin me renvoient l’écho de tous ces passés.

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