Radiola suite -Extrait de l’histoire réalisée pour Brand Access

Par Olivier Boudot

Le début de l’aventure avec Philips et les guerres commerciales

Philips est une société néerlandaise constituée en 1891 à Eindhoven pour fabriquer et vendre des lampes d’éclairage. Au début des années vingt son domaine s’étend rapidement de l’éclairage à la radio (tubes radios, appareils d’émissions et de réception). Les premiers récepteurs radio grand public de Philips sont commercialisés à partir de 1928. En 1931, La Radiotechnique et Philips établissent des relations suivies qui aboutissent à la conclusion des premiers accords financiers et techniques entre les deux compagnies. Cette évolution du paysage répond à une volonté stratégique de la CSF : en concentrant ses efforts sur un laboratoire chargé d’étudier les techniques d’émission moderne implanté à Levallois (dans les locaux de la SF.R.), Emile Girardeau laisse sciemment à Philips le marché de la radio-amateur[1]. Dès 1932, Philips apporte à La Radiotechnique sa branche T.S.F pour les applications et territoires répondant à l’objet social de la S.F.R. Le capital de la RadioTechnique ne varie pas – il est de 35 millions de francs – la rémunération de Philips s’effectuant en actions : la société néerlandaise possède alors 50% de La Radiotechnique, à part égale avec la CSF.

Ce début des années 1930 est aussi marqué par une guerre commerciale mettant en prise les grandes firmes aux constructeurs indépendants. Le souci des premières est d’imposer aux seconds des règles d’un jeu dont elles détiennent les cartes maîtresses, en l’occurrence les brevets[2]. Réunis en 1933 dans le consortium des Brevets Français Radios (B.F.R) Thomson, la C.S.F et la filiale française de Philips exigent des royalties pour l’utilisation de leurs brevets. Leurs prétentions premières - cent francs par poste - sont de nature condamner tous les constructeurs indépendants, réunis pour l’occasion dans un syndicat, le (S. C. R. E. F.). En 1934, une transaction est signée qui convient à tout le monde. De vingt francs par poste pendant un an et 25 F les deux suivantes, elle porte sur 2000 postes[3].


[1] Girardeau confie le laboratoire à Maurice Ponte, un brillantissime universitaire recruté en 1929 à La Radiotechnique pour s’y occuper des lampes d’émission. La pompe vite automatique qu’il conçoit dans la foulée est adoptée par l’industrie britannique ;Aux côtés de Ponte et chargé des petites lampes de récepteurs radio, le non moins brillant Yves Rocard.

[2] Antérieurement aux années trente, les constructeurs américains de lampes, oscilloscopes, etc. ont bénéficié de droit de licences beaucoup moins élevés que les Français pour prendre des positions dominantes.

[3] En outre, les indépendants devront acheter leur lampes auprès de Mazda, Fotos, Visseaux, Philips, Radiotechnique « ou à n’importe quel importateur disposant régulièrement d’un contingent d’importation de lampes de n’importe quelle marque étrangère ».

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