AN V-VI-VII -Transmettre la mémoire familiale d’une entreprise - Les Schiaffino

Par Olivier Boudot

Avec Les Schiaffino, une dynastie d’armateurs, “Mémoires d’Hommes, Histoires d’Entreprises” aborde la question de la transmission de la mémoire d’une entreprise familiale.
Henri de Clermont-Tonnerre, gendre de Laurent Schiaffino veut une histoire de la famille Schiaffino depuis l’origine, en centrant bien sûr sur son beau-père, lequel a été le plus important armateur d’Algérie, par ailleurs sauveteur maritime, patron des acconiers (dockers), sénateur d’Alger, président de la CCI, de la Chambre régionale d’Algérie et propriétaire d’un journal.
Il existe des écrits sur l’Algérie qui évoquent la famille Schiaffino, mais tout y est faux (tendencieux). H. de Clermont-Tonnerre veut donc réhabiliter la mémoire de son beau-père, avec un contrat moral : que tout soit justifié par des sources historiques. Il a en sa possession, dans ses bureaux de la rue Miromesnil de Paris, plusieurs pièces emplies d’archives.
Il est vrai que la genèse de l’histoire prend source avant même la conquête de l’Algérie par la France, les Schiaffino de Camogli, un petit village de pêcheurs de la côte ligure, commerçant déjà avec ce qu’on appelait “les côtes barbaresques”. Et un Schiaffino aurait joué un rôle en transportant des dépêches au Dey d’Alger en 1827 dans un contexte des plus tendus.

La dynastie des Schiaffino

La dynastie des Schiaffino

Dès lors, les ancêtres de Laurent, en débutant par le port de Bougie (aujourd’hui Bejaïa) commencent à développer le cabotage en Algérie. Génération après génération, ils mettent en place un commerce maritime dont le véritable essor a lieu lors de la Première guerre mondiale. Peu avant que débute le conflit, Gaston Boulogne haut fonctionnaire français installé à Alger, a plaidé pour que l’Algérie ait une flotte capable de rivaliser avec celles des grandes compagnies métropolitaines, la Compagnie générale transatlantique et la CGM.
Boulogne rassemble autour de lui une poignée d’hommes influents : Henri de Peyerhimoff président du Comité central des Houillères ;  Louis de Maniquet (phosphates de Constantine) ; Théodore Ansbacher (riche financier) ;  et Charles Schiaffino, homme de la troisième génération, patron de sa petite flotte, sauveteur maritime, homme courageux et entreprenant.
À sa suite, Laurent, son fils prendra le relais et construira dans le temps la flotte de cabotage la plus puissante d’Algérie, perpétuant un savoir-faire ancestral fondé sur des capacités hors pair de gestion, de négociation, d’anticipation et le sens de la mer :  Laurent est lui aussi sauveteur, marin et combattant de la guerre (À suivre…).

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