Quand les salariés s’approprient l’écriture de leur histoire. An VI - M’Real

Par Olivier Boudot

Réalisée à la demande de l’agence de communication Etat d’Esprit (Grégoire Milot), l’histoire de la papeterie M’Real pour ses cinquante ans en 2004, retrace une épopée industrielle florissante – quelques années plus tard la décision du groupe finlandais propriétaire de se désengager du papier lui sera quasiment fatale.

Pour la réalisation de l’ouvrage, l’entreprise choisit d’impliquer ses salariés en créant un groupe de projet dédié, lequel compte environ vingt salariés. Ces derniers s’investissent fortement dans la  recherche de documents, le lien avec les anciens et les retraités et une lecture critique réalisée au cours de sessions régulières.

Cette organisation, qui s’inscrit dans une stratégie plus générale, crée un effet miroir permanent dans le travail d’enquête et d’écriture que nous réalisons. L’appropriation du vécu se réalise en amont et permet des transmissions entre anciens et nouveaux salariés.

Comme souvent l’histoire de l’entreprise elle-même permet d’appréhender une réalité qui dépasse ses limites.

  • C’est d’abord l’utilisation de savoir-faire pré-existants dans la vallée de l’Eure, et plus précisément à Pont-de-l’Arche : cette ville autrefois réputée pour la fabrication de la chaussure a dû faire face au déclin de cette activité mais bénéficie toujours d’une main d’œuvre très compétente. L’implantation d’entreprises dans d’anciennes villes de mono-industries est une constante de la géographie industrielle.
  • C’est, ensuite, la possibilité de recourir à d’anciens prisonniers de guerres allemands pour construire les cheminées gigantesques dans lesquelles cuira la pâte-à-papier. Ils sont dirigés par un officier de marine français, le président fondateur de l’entreprise.
  • C’est, bien sûr, la proximité de ressources naturelles, en l’occurrence les anciennes forêts royales de Normandie pour le bois et La Seine pour le transport sur péniches.

Dans ce creuset se fondent les ingrédients de cette usine qui, bientôt pourra s’enorgueillir d’une machine à papier parmi les plus modernes en Europe, longue de plusieurs centaines de mètres.
En 2004, M’Real est au sommet. Mais la société n’est pas maîtresse de son destin…

De Sica à M'real

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